De laine, de soie et d’or : les matériaux de la tapisserie

Quels sont les matériaux qui composent les tapisseries ? Quelles sont leurs qualités esthétiques ou pratiques ?

Laine 

La laine est le principal matériau employé pour la réalisation des tapisseries. Ce n’est pas pour rien que cet art s’est particulièrement développé dans les Flandres, région historiquement tournée vers l’industrie textile, et proche de l’Angleterre, grand fournisseur de laine ! 

La laine a deux qualités majeures pour la tapisserie : elle conserve bien la chaleur et se révèle particulièrement facile à teindre.   

  

Pelote de laine teinte pour la tapisserie à la Manufacture des Gobelins

Laine teinte en bleu, Manufacture des Gobelins

  

Soie 

La soie est une fibre textile produite à partir du ver à soie. Elle est appréciée en tapisserie pour son aspect lumineux.
La soie étant très onéreuse, elle est souvent employée en complément de la laine et est réservée aux zones claires et aux détails les plus fins.  

 

Le saviez-vous ?  On estime qu’au début du XVIe siècle, une tapisserie comprenant de la soie coûtait jusqu’à quatre fois plus cher qu’une tapisserie en laine ordinaire !  

  

Soie pour la tapisserie avant teinture

Soies dans les réserves de la manufacture des Gobelins

  

Fils métalliques 

Pour rehausser les tapisseries les plus précieuses, les lissiers employaient des fils d’or et d’argent, que l’on mêlait à la laine et à la soie. Ces fils métalliques étaient très difficiles à tisser, ce qui rallongeait la durée d’exécution de la tapisserie. Malheureusement, beaucoup des tapisseries qui contenaient ce type de fils ont été brûlées pour récupérer le métal précieux, notamment pendant la Révolution.  

 

Le saviez-vous ?  L’emploi de fils d’or et d’argent pouvait entraîner une multiplication par vingt du prix d’une tapisserie.  

 

Teinture

Les tapisseries sont appréciées pour la richesse de leur coloris. Au Moyen Âge, on n'utilise qu’un petit nombre de teintures, toutes d’origine naturelle : la garance, la cochenille et le kermès produisent des rouges de différentes intensités ; le pastel (aussi appelé guède) donne du bleu et la gaude teint en jaune. À partir du XVIIe siècle, le désir de disposer de larges palettes colorées amène à utiliser des teintures chimiques. Malheureusement, celles-ci sont très sensibles à la lumière et se sont souvent décolorées avec le temps, ce qui explique que les tapisseries du règne de Louis XIV ou de celui de Louis XV soient plus fades que celles du Moyen Âge.  

 

Le saviez-vous ?  Au Moyen Âge, les lissiers disposaient d’une vingtaine de coloris. Au XVIIe siècle, la palette s’élargit à une centaine de tonalités. Un siècle plus tard, 600 couleurs sont disponibles. Aujourd’hui, le nuancier de la manufacture des Gobelins compte plusieurs dizaines de milliers de coloris !

  

L’atelier de teinture au Gobelins

Atelier de teinture des Gobelins