Le saviez-vous ?

Levez le voile sur quelques anecdotes étonnantes autour des tapisseries...

À la Renaissance, la tapisserie est l’un des produits artistiques les plus onéreux : faire réaliser une chambre de tapisseries (un ensemble de plusieurs tapisseries pour habiller une salle entière) coûte dix fois plus cher que de peindre les murs à fresque ! 
 

Pour les réalisations les plus précieuses, les lissiers mêlent à la laine et à la soie des fils entourés d’or et d’argent, qui sont très difficiles à travailler. Aussi, leur emploi peut doubler le temps de réalisation de la tapisserie, déjà d’ordinaire très long. Quant au prix de la tenture, il peut être multiplié par vingt en cas d’usage de fils métalliques ! Malheureusement, beaucoup de ces tapisseries ont disparu, notamment pendant la Révolution : on les brûlait pour en récupérer le matériau précieux.  
 

Certaines tentures, dont les cartons avaient été appréciés, ont été tissées plusieurs dizaines de fois. La tapisserie est un multiple : il est possible de réaliser des répliques d’après les cartons originaux. Ainsi, la tapisserie des Actes des Apôtres, imaginée par Raphaël, a été tissée au moins 55 fois entre sa création et la fin du XVIIIe siècle.  
 

Des tapisseries dans les rues ! Du Moyen Âge au XIXe siècle, les tapisseries étaient utilisées comme décor éphémère lors des grandes fêtes. Ainsi, à l’occasion du mariage de Louis II d’Anjou avec Yolande d’Aragon, en 1400, la tenture de l’Apocalypse est accrochée dans la cour de l’archevêché d’Arles. De la même façon, pour le sacre de Louis XV, en 1722, les façades de Reims se parent de centaines de tapisseries issues des collections royales et du trésor de la cathédrale.
    

Des signatures tissées. Il est parfois difficile de déterminer dans quelle ville une tapisserie a été exécutée. Les marques d’atelier (souvent des initiales), tissées dans les bordures, aident parfois les historiens à attribuer une pièce à un centre de production ou à une manufacture particulière. 

  

Marque de manufacture de tapisseries

Marque de manufacture dans la bordure d’une pièce de la tenture de l’Histoire de Pompée, seconde moitié du XVIe siècle, Château de Cadillac.
Photo : Pascale Lemaître / Centre des monuments nationaux
  

Deux types de métiers sont employés pour réaliser des tapisseries : les métiers dits de haute-lisse et les métiers dits de basse-lisse. La technique est très semblable, seule l’orientation du métier change : l’un est vertical, l’autre horizontal. Une fois la pièce tombée du métier, il est quasiment impossible de distinguer si la tapisserie a été réalisée sur un métier de haute ou de basse lisse.  
  

Être lissier exige de la patience ! Il faut une journée à un lissier actuel de la manufacture des Gobelins pour tisser l’équivalent de la surface d’une main !